Forum poétique
Si toi aussi, tu entends souvent ton cœur parler à ta plume, viens déposer tes escarpins dans l'empreinte de nos pas.
Tu pourras alors alimenter cette rivière afin qu'elle devienne un fleuve prolifique de douceurs où tous, nous venons à notre tour, pour y tremper notre plume féconde.
Et cet affluent de pensées innombrables finit sa course magnifique dans un océan de lumières.
J'aime cet idée de partage.
Elle devrait régir le monde sans aucune faille.
Pour que nous regardions tous dans la même direction.
C'est pour cette raison que nous aimons tant la poésie... Et les poètes !...
Gérard SANDIFORT alias Sandipoete



 
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 Je raconte mon conte...

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Tigresse
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Tigresse

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MessageSujet: Je raconte mon conte...    Mer 31 Oct 2018 - 15:55

La scène se passe dans le Portugal de mon enfance les années 1900... non je n'étais pas née, et non ce n'est pas une histoire vraie, c'est de l'imagination...


C'est Antoine, un bûcheron qui travaille durement, la journée est finie, son labeur accomplit, la hache sur le dos, les coins dans une besace, il rentre à la maison en sifflotant.
Il passe la porte de la maison et trouve sa femme allongée, elle vient de donner le jour à un second enfant, une fillette qu'ils prénomment Désirée, car depuis toujours ils désirent une fille, son premier enfant de deux ans étant un garçon, prénommé Pierre.
C'est un heureux événement et dès que son épouse va mieux ils invitent, connaissances et amis, à une grande fête.
La vie s'écoule douce et tranquille, la fillette bientôt ira à l'école, et son frère lui servira de guide.
Alors que l'hiver est plus rude que les autres années, Marie, la bûcheronne va laver son linge à la rivière comme elle le fait depuis qu'elle a dit, à son amoureux, oui devant monsieur le maire.
Elle coupe la glace pour arriver à tremper le linge afin de le savonner, un lavoir improvisé dans le ruisseau que son Homme a creusé, comme un petit bassin où passe l'eau courante de la rivière, ainsi Marie lave son linge là depuis des années.
Le malheur s'abat dans la vie de cette si unie famille.
Non loin de là, Antoine vaque à ses occupations, coupant du bois, les plus belles bûches pour vendre, le reste pour eux, il alimentera la cuisinière leur chauffage, pour que leur maison soit chaude et accueillante.
À l'intérieur de la maison bien au chaud, Désirée joue avec sa poupée de chiffons, sa maman l'a faite de ses mains avec une robe déchirée. Pierre, lui, fait ses devoirs, tout en ayant un œil sur sa sœur, comme lui a demandé sa maman en partant avec la bassine sous le bras, remplie de linge à laver.
Le soir tombe, le vent est plus vif, Marie, voulant rattraper le savon qui lui glisse des mains engourdies par le froid, dérape et tombe dans l'eau glacée.
Des cris arrivent aux oreilles Pierre qui attend le retour de ses parents, un livre à la main, devant la fenêtre de la cuisine, il reconnaît la voix de sa mère. Il jette son livre à terre, s'en va en courant, hurlant:
Au secours, Au secours...
Antoine accourt, rejoint son fils suivi par Désirée, voit Marie s'agiter dans la boue, les gesticulations de panique ont soulevé la vase du petit lavoir improvisé.
Antoine saute dans l'eau pour sortir son épouse de là.
Le vent est glacial, grelottant sans manteau pour les protéger, ils portent la bûcheronne tant bien que mal, elle a les jambes engourdies par le froid et n'arrive pas à marcher.
Antoine couche son épouse dans le lit réchauffé, elle grelotte toujours, même dans la maison où le feu crépite attisé le plus possible par le bûcheron afin que son épouse et ses enfants se réchauffent.
Trois jours sont passés, Marie est toujours fiévreuse et ressent une grande fatigue.
Tous les jours Antoine, avant de partir travailler, laisse dans le chaudron pendu à la crémaillère au dessus du feu allumé, une bonne soupe à mijoter, pour son épouse et ses enfants, mais chaque soir quand il rentre du travail, son épouse est de plus en plus fatiguée et malgré toutes les bonnes soupes et tisanes que son mari lui prépare, elles n'arrivent pas à lui rendre la santé qu'elle avait avant sa chute dans l'eau glacée.
Les jours passent et Marie se sent épuisée, tant elle tousse, et sa toux empirant de jour en jour, elle demande à son époux de la laisser toute seule dans le lit, et qu'il aille dormir avec leur fils, elle ne désire pas que son époux voit combien la fièvre la fait transpirer.
Jusqu'au jour où, n'ayant pas entendu son épouse tousser comme les nuits passées, au petit matin, Antoine se sent un peu réconforté à l'idée que son épouse aille mieux, qu'elle a passé une nuit calme sa toux ayant cessé.
Il prépare un petit déjeuner pour ses enfants et un plateau qu'il porte dans la chambre aux volets encore clos, qu'il ouvre après avoir déposé le plateau sur le bord du lit où dort son épouse.
Quand il va vers le lit voyant que son épouse ne se rend pas compte de sa présence, il reprend le plateau et veut faire demi-tour, lorsqu'il a un drôle de pincement au cœur.
- Non ! elle ne peut pas être morte, ce n'est pas possible.
Il tombe sur ses genoux au bord du lit, laisse échapper de ses mains le plateau avec le petit déjeuner.
NOOOOOONNNNNNNNN hurle-t-il de toutes ses forces attirant ainsi les enfants qui prennent leur petit déjeuner à la cuisine.
Marie fut portée en terre, par les voisins les plus proches, dans la colline sous le grand chêne où avec son époux, ils se sont si souvent dit ""je t'aime"" et où ils ont fait tant et tant de projets jamais réalisés.
La vie devient dure pour Antoine qui s'occupe de ses deux enfants, jusqu'au jour où il rencontre Adèle, une bourgeoise venue dans la région passer ses vacances.
Antoine reprend espoir et vit dans la joie d'un nouvel amour.
Les vacances finies Adèle confie qu'elle aussi est amoureuse, et lui fait la promesse d'aimer ses deux enfants comme s'ils étaient les siens, et la vie reprend .
Adèle s'installe au chalet, elle décide qu'il est temps de mettre le garçon en pension, et d'envoyer la fillette à l'école du village le plus proche. Ainsi est fait.
Voilà deux ans que la famille recomposée s'est installée.
Adèle, malgré la promesse fait à Antoine, n'aime pas Pierre, qui est souvent puni, et qui préfère mieux rester en pension que de rentrer les fins de semaine à la maison.
En plein hiver, Pierre ayant une angine, est envoyé chez lui pour ne pas contaminer tout le pensionnat.
Désirée continue d'aller à l'école du village le plus proche de la maison familiale, Antoine part au travail au petit matin, il travaille beaucoup.
Désirée en allant à l'école traverse le bois où son père travaille en ce moment, elle doit porter le repas de midi en faisant un tout petit détour.
Un jour, en rentrant de l'école Désirée ne voit pas son grand frère, et elle le cherche partout, elle voit sa marâtre sortir de la souillarde en s'essuyant les mains à son tablier, Désirée attend que la femme soit loin pour voir si son frère n'est pas lui aussi dans la souillarde.
Elle entre et voit une mare de sang qui coule depuis le saloir où d'habitude on met le cochon engraissé, tué pour les victuailles de toute la famille, mais le cochon, est bien en forme et grogne dans l'étable.
Désirée, curieuse, monte sur un tabouret posé là, regarde dans le saloir, qu'elle ne fut sa surprise de voir dedans son frère égorgé.
Tremblante de peur de subir le même sort, elle monte dans sa chambre et prie Dieu de rendre la vie à son frère, mais son frère reste absent toute la soirée.
Pendant le repas, Antoine s'inquiétant de l'absence de son fils, questionne son épouse qui lui répond:
- «Il allait mieux, alors il est reparti à sa pension.»
Désirée ressent un frisson glacial, retient son souffle pour ne pas se trahir.
Depuis trois jours, Désirée épie les gestes de sa marâtre, la voit aller au saloir puis entrer dans la cuisine préparer le repas pour le bûcheron, elle comprend alors que son père mange son frère sans le savoir.
Quand Désirée porte le repas à son père, elle ramasse les restes et les os que son père jette à terre et les emporte pour les enterrer sur le chemin de l'école, ainsi par ci,-par-là elle les enterre, mettant dans ces semblants de tombeaux, deux bâtons qu'elle lie, avec des branches trouvées sur sa route pour en faire une croix.
Son garçon n'étant pas rentré au pensionnat, et ayant disparu sans laisser un mot, croyant à une fugue, Antoine parcourt le monde à sa recherche, sans la moindre petite piste du passage de son fils chéri. Il finit par abandonner et revient à la maison.
Les années ont passé, Désirée est devenue une jolie jeune femme.
Antoine noie le chagrin de la perte de son enfant dans l'alcool.
La marâtre est aigrie et vieille et rend la vie triste autour d'elle par son attitude méprisante.
La vie dans la maison est insupportable, Désirée devenue jeune institutrice, est appelée à enseigner dans une école loin du cercle familial et elle est ravie de partir loin, très loin, mais avec un pincement au cœur demande à son père de venir vivre avec elle.
Antoine refuse, prétextant que son fiston, un jour reviendra, et qu'il veut être là pour l'accueillir.
C'est alors que Désirée se remémore la scène qu'elle avait si longtemps enfuie dans sa mémoire:.
«Papa ! Pierre ne reviendra jamais, tu l'as mangé.»
Ahuri le père demande des explications.
Désirée dit à son père de la suivre et que la marâtre les suive aussi, et là, curieux de savoir ce qu'est vraiment devenu son enfant, il la suit, la marâtre curieuse de ce que Désirée pourrait raconter à son père dans son dos décide de les suivre aussi.
Arrivés devant la souillarde, Désirée désigne le saloir et dit: «c'est là que Pierre était quand, (là, elle se tourne vers la marâtre en la désignant du doigt). Je l'ai vu dans le sang, c'est ELLE qui l'a tué et l'a mis là.
- Tu ne vas tout de même pas croire ta gamine, elle ne m'aime pas et ferait tout pour que tu ailles vivre avec elle loin d'ici.
- Ce n'est pas tout, continue Désirée, suis moi.»
Ils se dirigent vers la forêt, aux endroits où Désirée, quelques années plutôt, avait enterré les restes de son frère.
Là, j'ai mis ce que tu n'as pas mangé quand, désignant d'un doigt accusateur, elle te l'a cuisiné et te l'a fait manger.»
C'est là qu'est enterré ce que j'ai pu ramasser de lui pour que les animaux sauvages ne le mangent pas.
À la place de la croix, un grand et fort arbre, dont le bûcheron ne connaît pas l'existence, a pris place. Levant les yeux tous les trois voient que cet arbre est rempli de pièces d'or en guise de fruits.
La marâtre lève les bras pour se saisir d'une branche afin de cueillir le plus de pièces qu'elle peut. C'est alors qu'ils entendent une voix, c'est la voix de Pierre, depuis les racines de l'arbre.
-«Non pas toi, car c'est toi qui m'as tué.»
La marâtre prend peur, s'enfuit à toutes jambes, on ne la revit jamais.
Antoine tombe à genoux et dans un murmure il dit: Tout cet or ferait de moi un homme riche!»
- Non pas pour toi qui m'as mangé, Antoine muet s'en va laissant juste couler ses larmes. Désirée reste seule avec son arbre.
La voix s'adresse à Désiré: Toi qui as pris soin de mes restes, je te donne le moyen de réaliser trois de vœux, en plus de toutes ces pièces d'or.
Je ne veux pas des pièces d'or mais je veux bien faire mes vœux:
1 - Que maman revienne,
2 - Que toi aussi,
et - Que la famille soit de nouveau réunie.
- Tes vœux seront réalisés, cueille toutes les pièces d'or et emporte-les à la maison.
- Je t'ai dit que je ne veux pas de l'or, et mes vœux sont irréalisables, je le sais.
- Fais ce que je te dis, prends toutes les pièces d'or et rentre à la maison.»
Désirée soulève le bas de sa jupe, y met toutes les pièces d'or comme l'a dit son frère.
Arrivant sur le chemin menant à la maison à son entrée, elle voit sa mère tenant son frère par la main qui l'attendent.
En courant, elle en oublie les pièces d'or qui tombent en s'éparpillant dans l'allée du jardin, elle court embrasser sa mère et son frère, et se regarde les pieds, elle est redevenue une petite fille, son père arrive rentrant du travail, sa hache sur le dos et des coins dans une besace et s'exclame: «Alors mes chéris, le printemps revient, pas belle la vie?»
Les pièces tombées ici et là, des jolies fleurs et au centre un arbre inconnu pousse, entouré d'autres petits arbres tout aussi inconnus, où quelques fois on trouve à leurs pieds, une ou deux pièces d'or.
Ainsi le jardin de la maison est arboré comme le parc d'un château, avec les pièces éparpillées de temps à autres, Antoine les ramasse, s'en va acheter de quoi remplir le cellier de bonnes choses à manger, les placards de jolies tenues pour sa douce et ses enfants, et faire de son humble logis un joli chalet.
Plus jamais il ne laissera sa famille pour aller couper les arbres, pour lui, dès à présent, son travail sera de les choyer, faire de son foyer un enchantement de tous les jours.
Ils vécurent ensemble de longues années heureux d'être tous les quatre réunis pour toujours.
Nandy

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Raymonde Verney
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MessageSujet: Re: Je raconte mon conte...    Mer 31 Oct 2018 - 21:31

dur ce conte tout finit bien
bises Une Rose

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