Forum poétique
Si toi aussi, tu entends souvent ton cœur parler à ta plume, viens déposer tes escarpins dans l'empreinte de nos pas.
Tu pourras alors alimenter cette rivière afin qu'elle devienne un fleuve prolifique de douceurs où tous, nous venons à notre tour, pour y tremper notre plume féconde.
Et cet affluent de pensées innombrables finit sa course magnifique dans un océan de lumières.
J'aime cet idée de partage.
Elle devrait régir le monde sans aucune faille.
Pour que nous regardions tous dans la même direction.
C'est pour cette raison que nous aimons tant la poésie... Et les poètes !...
Gérard SANDIFORT alias Sandipoete


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 Conte réinventé

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Capucine
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MessageSujet: Conte réinventé   Conte réinventé Icon_minitimeLun 2 Juil 2007 - 23:40

« Quand le loup descendit dans la cheminée, il tomba tout droit dedans.
Il poussa un hurlement qu'on entendit à des kilomètres à la ronde
et repartit comme il éait venu, par la cheminée.
On n'entendit plus jamais parler de lui. »


En effet, on n’entendit plus jamais parler du Grand Méchant Loup. Mais ce que l’histoire ne dit pas, c’est que les trois pauvres cochonnets ne l’oublièrent pas de si tôt…

Et ils vécurent vieux et n’eurent pas d’enfants


Il était des fois où Jack s’amusait bien, mais il était d’autres fois où la vie entre ces quatres murs de briques, à l’abri de tous les dangers, lui pesait bien lourd sur le coeur… Jack était le premier petit cochon, le frère de Marco, qui avait bâti sa maison de bois, et d’Ernest, l’aîné, qui avait sauvé leur fratrie. Depuis bien longtemps déjà, le Grand Méchant Loup avair cessé de les embêter. Il leur avait préféré une fillette toute de rouge vêtue, disait-on…

Jack s’ennuyait de la vie trépidante de l’extérieur. Il aurait aimé sortit de temps à autres. Mais Marco et Ernest étaient si omnubilés par le souvenir de leur bourreau aux longues canines, qu’ils s’interdisaient de s’aventurer à l’extérieur. Et, par le fait même, ils le défendaient à leur cadet, de peur que la bête ne lui mette le grappin dessus! Mais le loup, depuis au moins dix longues années, avait cessé de rôdé aux alentours. Enfermés dans leur cocon de sécurité, coupés du monde, les deux plus vieux étaient devenus rancis et obsédés par leur petite personne. Leur corps était obèse et leur esprit, rachitique. Jack, lui, conservait sa vivacité et sa curiosité, nourri par l’espoir de resortir un jour, pour sentir le souffle du vent sur sa peau, et revoir les richesses et la diversité du monde, dont il avait, bien malgré lui, de plus en plus de mal à se souvenir…

Mais les trois cochons, autrefois si petits, se faisaient vieux. L’arthrite les gagnait peu à peu et leur poils grisonnaient. Cela affectait particulièrement les aînés, car le vieillissement prématuré de leur intellect gagnait tranquillement mais sûrement leur corps. Un soir comme les autres, au coin du feu, Ernest se mit à entretenir les deux autres sur leurs aventures passées. Une pointe de regret perçait dans sa voix. Les deux plus jeunes étaient stupéfaits, car leur grand frère n’avait plus évoqué ce sujet depuis des années. Le vieux cochon fut saisit d’une quinte de toux sèche et rauque, puis, d’un ton chevrotant et à peine audible, il conclut :

- À vrai dire, nos tribulations d’antan me manquent. Regardez-vous, regardez-moi. Nous sommes pathétiques… Qu’avons-nous fait de notre vie?

Marco et Jack restèrent interdits, mal à l’aise.

- Mais que ne me suis-je ouvert les yeux avant? poursuivit l’aîné. Hélas, mon heure a sonné, je le sens. Je me fais vieux, très vieux… Au revoir, mes frères…

Et il s’éteignit. Sa dernière pensée fut pour leur chère mère, qu’ils n’avaient jamais revu depuis ce jour mémorable où ils s’étaient enfuis de chez eux.

Les deux cochons auraient pu recevoir un coup de couteau en plein cœur et leur douleur n’aurait pas été plus grande. C’était un choc terrible. Ils commencèrement par nier le drame de toutes leur forces. Mais il leur fallu accepter l’évidence. Leur mentor, celui qui remplaçait leur père, en quelque sorte, n’ouvrirait plus jamais la bouche. Après avoir longuement pleurer, désemparés, mais résignés, ils firent sa toilette. Puis, pour la première fois depuis tant d’années, ils poussèrent la porte de leur maisonnette, et sortirent. Lentement, ils se dirigèrent vers le bois. Au pied d’un vieux chêne tout tordu, ils inhumèrent la dépouille d’Ernest, en silence.

Mais dans les buissons était tapis un chasseur. Un pauvre homme qui n’avait rien rapporté à sa femme et ses enfants depuis trois jours. Sautant sur l’occasion, il plaça son doigt sur la gachette et tira deux balles mortelles qui ateignirent Jack et Marco à la tête. Jubilant, le chasseur se saisit des carcasses et s’en retourna chez lui. Ce soir-là, bien que la viande des deux animaux fut un peu racornie, la famille se régala comme jamais auparavant.

Ainsi se finit l’histoire des trois petits cochons.

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MessageSujet: Re: Conte réinventé   Conte réinventé Icon_minitimeLun 9 Juin 2008 - 12:15

Pauvres petits cochons,
quelle fable!
merci.
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