Forum poétique
Si toi aussi, tu entends souvent ton cœur parler à ta plume, viens déposer tes escarpins dans l'empreinte de nos pas.
Tu pourras alors alimenter cette rivière afin qu'elle devienne un fleuve prolifique de douceurs où tous, nous venons à notre tour, pour y tremper notre plume féconde.
Et cet affluent de pensées innombrables finit sa course magnifique dans un océan de lumières.
J'aime cet idée de partage.
Elle devrait régir le monde sans aucune faille.
Pour que nous regardions tous dans la même direction.
C'est pour cette raison que nous aimons tant la poésie... Et les poètes !...
Gérard SANDIFORT alias Sandipoete


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 Si reconnaissance il y a

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Lunessences
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Lunessences

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MessageSujet: Si reconnaissance il y a   Si reconnaissance il y a Icon_minitimeDim 7 Jan 2007 - 17:47

Je vous demanderai un peu d'indulgence pour ce premier essai en écriture de nouvelle et souhaite avoir des critiques constructives pour améliorter mon style ou arrêter ce genre d'écriture.
Merci beaucoup
Pour des raisons idépendantes de ma volonté je suis obligée de le poster en plusieurs fois j'espère que vous aurez tout de même la patience de me lire.
A nouveau merci

Si reconnaissance il y a...

C’est l’hiver, les bruits de sa rue étouffés par l’épais brouillard l’ont quand même réveillé, ou peut-être est-ce celle qui ne le quitte plus…
Un nouveau jour se lève, long et douloureux, jour de labeur humiliant, mais nécessaire pour vivre. Au fond de son trou un klaxon bruyant est venu écorcher ses oreilles ; terminé de rêver faut y aller !
Il a jeté un vieux blouson sur ses épaules et courageusement mis le nez dehors. Ses yeux usés scrutent le ciel et se rassurent. C’est une possible journée, le soleil ne va pas rester couché.
Les passants se font nombreux, emmitouflés, courant dans tous les sens, cette dernière journée de la semaine ramènera leur générosité. Il se jette dans ce flot incessant de jambes et gagne rapidement « ses quartiers ».
Toujours les mêmes trottoirs, mais mouillés ils semblent plus sales, les bipèdes urbains ne respectent plus rien, en particulier les noctambules, dangereux spécimens de la race humaine, et cette nuit a dû être longue en regard des détritus qui jonchent le sol.
Il est arrivé, le bar est ouvert et comme tous les jours il s’installe à droite maintenant. De son méchant blouson rapiécé il sort sa petite boîte en fer, l’ouvre, la pose à ses côtés et de sa plus belle voix entonne l’ Hymne National, efficace pour réveiller les sentiments charitables et les douleurs du passé, toujours présentes pour lui.
Il sait qu’à cet instant le regard des gens va changer. Réprobation, honte, pitié seront les seuls sentiments qu’il lira dans leurs yeux.
Tous ces yeux qui vont enfin se baisser pour rencontrer les siens,
tous ces yeux qui verront chanter le ver immonde sur sa planche à roulettes.
Tous ces yeux qui vont se détourner en jetant l’aumône qui devra les absoudre de leur mépris, de leur indifférence,
Oui tous ces yeux vont enfin un court instant le regarder, lui l’infirme, rescapé du passé glorieux et cruel de ce pays, lui l’infirme, le clochard, ce rebut de la société, cette même société qui à son retour du front, lui a rendu tous les honneurs superflus, mais pas les moyens de vivre en homme et fier de l’être.
Quel subterfuge national que cette croix dorée épinglée dignement à sa poitrine, hier assurance d’être reconnu et admiré de tous, désignant le héros, elle est aujourd’hui lourde de douleur, de silence, de mépris et d’oubli.
Pourtant il ne cesse de chanter la gloire et l’honneur de ce pays, de sa voix forte, miroir de l’homme qu’il était, il chante malgré tout sa patrie qui n’a pas su l’aimer.
Jusqu’au soir il chantera, c’est ce qu’il fait de mieux, pleurer il ne peut plus, alors il chante ;
Il chante ses amis morts de s’être oubliés, il chante ses amis morts d’être trop jeunes, il chante la vie loin des siens, l’amour qu’il avait croisé mais que la guerre lui a pris, il chante la vie qu’il n’a plus.
Il chante jusqu’à s’étourdir, jusqu’à ce qu’il devienne mot, et ce triste mot le ramène chaque soir à sa dure réalité, HUMAIN.
Il en porte le nom, les émotions, les sentiments, même ses tripes lui rappellent ses origines, mais il n’en a plus l’apparence, il n’appartient plus à cette race Humaine qui n’en a que le nom.
Alors chaque soir il se remet dans son trou, sous une vieille porte de garage en bois, oubliée elle aussi, tel une bête il dormira là, aux aguets, attendant que demain inlassablement vienne le réveiller. Mais demain sera maigre comme une ration de soldat oublié là-bas sous les tirs ennemis…
Cette guerre il ne l’oubliera pas. Comment pourrait-il l’oublier ?
L’absence de ses jambes la lui rappelait sans cesse. Les jours d’amertume, quelques photos jaunies de ses camarades de régiment, lui permettent de revoir ceux qui ont partagés ses peurs et ses souffrances pendant cette satanée guerre. C’est le moment ou des souvenirs surgissent, fantômes du passé…
« Soldat Eralès au rapport », le Lieutenant qui l’interpellait était un homme froid mais compétent et digne de confiance. Il allait s’exécuter quand il surprit dans l’air un sifflement qu’il connaissait bien. D’instinct il se mit à courir, et se jeta sur le lieutenant. Ses tympans semblaient explosés, la terre tremblait, un nuage de poussière et de chaleur le suffoqua soudain.
Il pesait de tout son poids sur le lieutenant qui ne bougeait pas. Il est resté ainsi quelques minutes, puis s’est relevé. Un horrible cauchemar s’est alors révélé à ses yeux, la base était détruite, tous les soldats s’empressaient de trouver un abri afin de soigner les blessés et riposter à cette attaque surprise.
Il entendit son lieutenant donner des ordres, il ne semblait pas blessé, tant mieux. Dans un soupir Eralès rangea avec précaution ses photos, il était tard et demain viendrait vite lui rappeler qu’il devait chanter désormais pour survivre.

.../...

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