Forum poétique
Si toi aussi, tu entends souvent ton cœur parler à ta plume, viens déposer tes escarpins dans l'empreinte de nos pas.
Tu pourras alors alimenter cette rivière afin qu'elle devienne un fleuve prolifique de douceurs où tous, nous venons à notre tour, pour y tremper notre plume féconde.
Et cet affluent de pensées innombrables finit sa course magnifique dans un océan de lumières.
J'aime cet idée de partage.
Elle devrait régir le monde sans aucune faille.
Pour que nous regardions tous dans la même direction.
C'est pour cette raison que nous aimons tant la poésie... Et les poètes !...
Gérard SANDIFORT alias Sandipoete



 
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 Un jour à Manhattan

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Phøsphor
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MessageSujet: Un jour à Manhattan   Lun 25 Oct 2010 - 18:52


Un jour à Manhattan







Dimanche 14 janvier 1965
, il a neigé sur les trottoirs de Manhattan.


Entre les égouts qui fument et quelques journaux qui s’oublient accoudés sur un banc, la mélodie des pas de quelques hommes s’élançait sur une partition de Jazz. On oubliait le temps, lorsqu’aux bars trois dollars refaisaient le monde. On oubliait les trains, les femmes et les chagrins d’enfants lorsque les souvenirs s’attardaient à quai, renouaient avec le temps pour fuir… toujours un peu plus loin. Manhattan gitan, crieur ou même troubadour, tu fais de l’homme orchestre le porteur des tristes jours lorsque l’eau chante sa misère aux comptes et vestiges. Manhattan où, ci-git temps, troubadour crie-heure, tu fais prince le rêve d’un jour devenir soi, et le temps passe, la même chanson en tête…
Dimanche 14 mai 1963,
Sans wagon dans le crane et voir partir le monde… toujours un peu plus loin.


Plongé dans le présent d’un vieux cliché, Lundi 19 mai 1975.


Il y avait des blancs comme des noirs, chics et mendiants, qui se perdaient aux rues, aux cols et tournants. Au coin d’une rue sombre, s’y chantaient quelques cris, quelques rires et glorieux ébats sur le fil de l’art. Il y avait des hommes, coiffeurs, tisseurs de pensées, sur un bouquet de cheveux sombres. Sur le coin d’une chaise, on y brodait le temps, on y tirait les songes sur le bout du fil, gêné, un cheveu sur la langue. Certains soldats s’y retrouvaient, on y prenait leurs peurs par poignées d’ombres, les achevant, sur un tableau macabre.
Lundi 19 mai 1975,
Il a neigé, sur les trottoirs de Manhattan, et les femmes s’en allaient pour penser d’un ailleurs, les cheveux loin derrière…


07 juin 1980, hystériquement spleen.


Ce soir, je me sens New Yorkais. Les femmes se font soupirs aux cheminées sous leurs grandes robes grises, les hommes se font crieurs aux bons plaisirs mais muets sous les acclamations du feu qui craque son aisance. Ce soir, je me sens New Yorkais. Les pauvres se voient riches de leur liberté, leurs mains lancées au ciel croyant saisir le voile d’une grande princesse noire, qui s’étale chaque nuit pour nous offrir ses formes. Lorsque la lune se dénude, il y a dans les bars des hommes si disant chasseurs, lançant du bout d’une sèche leurs lassos enfumés. Dans les rues, lorsqu’on voit les flaques d’eau se vêtirent d’argent, les hommes partent en mer pour y trouver fortune. Et loin des phares des grands ports, on voit les riches galions courir sur l’horizon comme des funambules et puis dégringoler du monde lorsque les rêves s’accordent au décès. Ce soir, je me sens New Yorkais, hystériquement spleen une bière à la main, porter par l’évasion sans même savoir d’où vient le vent…



19 Octobre 2001
, Le monde est une mélodie sur laquelle l’homme joue sans en connaître les notes.


Dans les vieilles ruelles où chantent encore les fissures du vieux bois, on entendait les pas des gens qui s’empressaient de ne rien savoir. Dans les vieux ports, on oubliait les chants, les cartes et les mythes, pour se nommer matelot et suivre le courant. On oubliait l’écume qui se perd aux lèvres charmées par l’inconnu, on oubliait les dires en s’échappant, muet. Et sur les valses sanguines des vagues d’outre-mer, on oubliait l’aurore et son humanité pour se dire dieux d’une terre, sans l’écouter pleurer…



19 Avril 2006, un jour à Manhattan.

Un jour à Manhattan, j’ai vu les hommes danser sous d’absurdes mouvements, j’ai vu les jeunes parlers sans déguster le temps, et puis la neige tomber pour habiller les dames. J’ai pris l’amour aux vestons, perdu sur un boutons de rose lorsque s'épanouit le regard et j’ai pendu mon âme à mon ombre comme un vieux chiffon, pour se laisser porter… par les courants du monde. Un jour à Manhattan, J’ai vu tellement de choses en filant droit devant, en tirant les contours pour me cacher, que j’ai perdu mon corps, sous de nouveaux élans…
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BL
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MessageSujet: Re: Un jour à Manhattan   Lun 25 Oct 2010 - 21:19

De bien jolis passages pour une bonne lecture sur New York mais qui pourrait se passer ailleurs de la même façon.

Tu as du te tromper de salon, ce n'est pas un poème mais plutôt nouvelles ou autres . Il y a un salon pour cela. Merci de faire attention ou l'on met ses récits.

Belle écriture. Bravo La paix
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walido
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MessageSujet: Re: Un jour à Manhattan   Lun 25 Oct 2010 - 22:44

Une belle focalisation sur les dessous de Manhattan
Woody Allen avait tenté aussi de faire vivre les démons de
Manhattan

Bien écrit "apprenti poète en retraite"

Salut ami Phosphor

Walid
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Phøsphor
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MessageSujet: Re: Un jour à Manhattan   Mar 26 Oct 2010 - 11:21

Merci beaucoup BL Sourire J'ai pris des notes suite aux différentes messages privés que nous avons échangé. Commentaire Flatteur !


Walido, walido, mon ami ! Comme cela me fait plaisir de te retrouver ici ! (Finalement tu m'auras reconnu, Vvvuarf...)
Merci pour ton chaleureux commentaire Sourire


Mes amitiés à vous !
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MessageSujet: Re: Un jour à Manhattan   Mar 26 Oct 2010 - 18:03

J'interviens encore ceci est de la prose poétique et à tout à fait sa place

prose poétique :
Le poème en prose est une forme hybride, ni nouvelle ou histoire brève, ni poème au sens traditionnel, ce qui complique toute tentative de définition. Suzanne Bernard, dans sa thèse Le Poème en prose de Baudelaire jusqu'à nos jours (Nizet, 1959) propose les critères suivants : « Il s'agit d'un texte en prose bref, formant une unité et caractérisé par sa « gratuité », c'est-à-dire ne visant pas à raconter une histoire ni à transmettre une information mais recherchant un effet poétique ».Poème de forme libre, il n'a pas de vers.

baudelaire c'est vrai n'est pas un poète ???

Partout s'étalait, se répandait, s'ébaudissaitse réjouissait le peuple en vacances. C'était une de ces solennités sur lesquelles, pendant un long temps, comptent les saltimbanques, les faiseurs de tours, les montreurs d'animaux et les boutiquiers ambulants, pour compenser les mauvais temps de l'année.
En ces jours-là il me semble que le peuple oublie tout, la douleur et le travail ; il devient pareil aux enfants. Pour les petits c'est un jour de congé, c'est l'horreur de l'école renvoyée à vingt-quatre heures. Pour les grands c'est un armistice conclu avec les puissances malfaisantes de la vie, un répit dans la contention et la lutte universelles.
L'homme du monde lui-même et l'homme occupé de travaux spirituels échappent difficilement à l'influence de ce jubilé populaire. Ils absorbent, sans le vouloir, leur part de cette atmosphère d'insouciance. Pour moi, je ne manque jamais, en vrai Parisien, de passer la revue de toutes les baraques qui se pavanent à ces époques solennelles.
Elles se faisaient, en vérité, une concurrence formidable : elles piaillaient, beuglaient, hurlaient. C'était un mélange de cris, de détonations de cuivre et d'explosions de fusées. Les queues-rouges1 et les Jocrisses2 convulsaient les traits de leurs visages basanés, racornis par le vent, la pluie et le soleil ; ils lançaient avec l'aplomb des comédiens sûrs de leurs effets, des bons mots et des plaisanteries d'un comique solide et lourd comme celui de Molière. Les Hercules, fiers de l'énormité de leurs membres, sans front et sans crâne, comme les orang-outangs, se prélassaient majestueusement sous les maillots lavés la veille pour la circonstance. Les danseuses, belles comme des fées ou des princesses, sautaient et cabriolaient sous le feu des lanternes qui remplissaient leurs jupes d'étincelles.
Tout n'était que lumière, poussière, cris, joie, tumulte ; les uns dépensaient, les autres gagnaient, les uns et les autres également joyeux. Les enfants se suspendaient aux jupes de leurs mères pour obtenir quelque bâton de sucre, ou montaient sur les épaules de leurs pères pour mieux voir un escamoteur éblouissant comme un dieu. Et partout circulait, dominant tous les parfums, une odeur de friture qui était comme l'encens de cette fête.
Au bout, à l'extrême bout de la rangée de baraques, comme si, honteux, il s'était exilé lui-même de toutes ces splendeurs, je vis un pauvre saltimbanque, voûté, caduc, adossé contre un des poteaux de sa cahute ; une cahute plus misérable que celle du sauvage le plus abruti, et dont deux bouts de chandelles, coulants et fumants, éclairaient trop bien encore la détresse.
Partout la joie, le gain, la débauche ; partout la certitude du pain pour les lendemains ; partout l'explosion frénétique de la vitalité. Ici la misère absolue, la misère affublée, pour comble d'horreur, de haillons comiques, où la nécessité, bien plus que l'art, avait introduit le contraste. Il ne riait pas, le misérable ! Il ne pleurait pas, il ne dansait pas, il ne gesticulait pas, il ne criait pas ; il ne chantait aucune chanson, ni gai ni lamentable ; il n'implorait pas. Il était muet et immobile. Il avait renoncé, il avait abdiqué. Sa destinée était faite.
Mais quel regard profond, inoubliable, il promenait sur la foule et les lumières, dont le flot mouvant s'arrêtait à quelques pas de sa répulsive misère ! Je sentis ma gorge serrée par la main terrible de l'hystérie, et il me sembla que mes regards étaient offusqués par ces larmes rebelles qui ne veulent pas tomber.
Que faire ? À quoi bon demander à l'infortuné quelle curiosité, quelle merveille il avait à me montrer dans ces ténèbres puantes, derrière son rideau déchiqueté ? En vérité, je n'osais ; et, dût la raison de ma timidité vous faire rire, j'avouerai que je craignais de l'humilier. Enfin, je venais de me résoudre à déposer en passant quelque argent sur une de ses planches, espérant qu'il devinerait mon intention, quand un grand reflux de peuple, causé par je ne sais quel trouble, m'entraîna loin de lui.
Et, m'en retournant, obsédé par cette vision, je cherchai à analyser ma soudaine douleur, et je me dis : Je viens de voir l'image du vieil homme de lettres qui a survécu à la génération dont il fut le brillant amuseur ; du vieux poëte sans amis, sans famille, sans enfants, dégradé par sa misère et par l'ingratitude publique, et dans la baraque de qui le monde oublieux ne veut plus entrer !

est ce de la poésie ? Oui selon tous les spécialistes linguistiques....
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