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Si toi aussi, tu entends souvent ton cœur parler à ta plume, viens déposer tes escarpins dans l'empreinte de nos pas.
Tu pourras alors alimenter cette rivière afin qu'elle devienne un fleuve prolifique de douceurs où tous, nous venons à notre tour, pour y tremper notre plume féconde.
Et cet affluent de pensées innombrables finit sa course magnifique dans un océan de lumières.
J'aime cet idée de partage.
Elle devrait régir le monde sans aucune faille.
Pour que nous regardions tous dans la même direction.
C'est pour cette raison que nous aimons tant la poésie... Et les poètes !...
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 Souviens-toi

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Capucine
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MessageSujet: Souviens-toi   Lun 18 Juin 2007 - 0:33

Voici ma petite (enfin, petite... elle fait quand même six strophes! Moqueur) contribution à ce défi, comment j'ai interprété le thème d'une "passion de l'enfance". J'espère que vous aimerez!

Souviens-toi

Toi qui lis ces mots, pauvre âme rance
Pour l’amour de Dieu, je t’en prie, arrête.
Oh! oui, fige le temps et l’espace. Silence.
Souviens-toi de ce cœur… Oublie la tête.

Souviens-toi de ce cœur qui t’animait
Bondissant pour un rien, prompt au bonheur
Simplement pour le vent et son doux lai
Ou pour les fortes fourmis et leur dur labeur.

Souviens-toi de ces formidable épopées
Pirate, princesse, bravant la peur et la raison ;
Aventures épiques, sans jamais quitter
Ton petit jardin, niché derrière la maison.

Souviens-toi de ces nuits grandes et noires
Que tu peuplais de bêtes et de chimères,
Des câlins de maman, où tu te lovais tel un loir
Et des bras de papa, puissants comme la mer.

Souviens-toi de cette candeur enfantine ;
Amour primesautier, querelles vite évanouies
Désarmante sincérité, espièglerie coquine.
Souviens-toi de la passion de l’enfance : la vie.

Toi qui lis ces mots et oublie de vivre
Toi qui calcule, cours, case, contient, sans répit
Toi, pauvre âme rance, qui ne fais que survivre
Souviens-toi de la passion de l’enfance : la vie.


17 juin 2007

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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Lun 18 Juin 2007 - 20:16

C'est un formidable retour en arrière que par mes pensées je viens de faire grâce à toi.
Tu as ranimé en moi des souvenirs enfouis et je t'en remercie.
Est-il vraiment utile maintenant que je te le dise ?
J'ai adoré ton poème.

Bec

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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Lun 18 Juin 2007 - 22:33

Merci Sandipoete. ;) Si je t'ai fais te souvenir, eh bien, ça veut dire, pour moi, que mon poème est réussi.

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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Mar 19 Juin 2007 - 8:58

moi aussi je me suis projetée des années en arrière et j'ai retrouvé des sensations perdues grâce à toi
bisous
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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Mar 19 Juin 2007 - 18:34

Une passion d'enfance sans cesse renouvellée que la vie. Tu as bien raison, la vie est passionnante. Un bien beau souvenir.

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Invité Merci de m'avoir lu.
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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Mar 19 Juin 2007 - 20:30

Un immense merci pour ces charmants commentaires!

:Bisous:

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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Mer 20 Juin 2007 - 1:18

J'ai également bien aimé ce poème , particulièrement le quatrième quatrain d'ailleurs


[en revanche je ne suis pas sûr que rimbaud ait écrit ce que ta signature affirme, il me semblait plus que c'était
"L'éternité
C'est la mer allée
Avec le soleil" ]

Vouala =)
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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Mer 20 Juin 2007 - 6:29

A vivre complètement "ici et maintenant", sans l'angoisse ni l'avidité que produisent notre notion d'avenir" ! On dirait en souriant : quelle ère est il ? Pour les Ogadines, les jours se suivent et se ressemblent; toute successivité est abolie et, avec elle, l'écoulement du temps qui nous emmène dans la course du "progrès". Vivre dans un temps suspendu; le passé n'est pas mort : il n'est même pas passé."
Si nous goûtions chaque moment et seconde de cette semaine, comme Rimbaud qui observe ses Ogadines...
Juste pour goûter cet "ici et maintenant" et regarder l'avenir sans "angoisse, ni avidité"...
Artur Rimbaud a écrit:
Elle est retrouvée
Quoi ? L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.

:Bisous:

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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Mer 20 Juin 2007 - 18:01

Merci, Paul!

Et, désolée... Je suis confuse pour la citation de Rimbaud, je rectifie ça tout de suite! Embarassé (en plus c'est un de mes poètes préférés, faire une erreur aussi bête... * vilaine Capu! *)

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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Mer 20 Juin 2007 - 18:50

o_O'
Faut pas te blâmer !
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raymonde
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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Mer 20 Juin 2007 - 21:55

pas grave capucine mais paul est fort
rimbaud a écrit des poésies magnifiques et paradoxalement a râté complètement sa vie
il devait rêver sa vie
bisous
raymonde
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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Lun 2 Juil 2007 - 18:39

Un petit chiasme qui n'aurait pas déplu à Rimbaud... Vaut-il mieux vivre ses rêves ou rêver sa vie ?

Pauvre âme RANCE
Devant mon ECRAN
Se bousculent dans mon CRANE
Des rêves de NACRE

Merci Capucine

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^----^ 
(='Y'=)
 (")_(")
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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Lun 2 Juil 2007 - 22:19

Mais c'est moi qui te remercies, Apogon, pour cette magnifique réaction poétique! C'est très apprécié.

@raymonde verney a écrit:

rimbaud a écrit des poésies magnifiques et paradoxalement a râté complètement sa vie
Eh oui! et ça rend le personnage encore plus fascinant...

@apogon a écrit:
Un petit chiasme qui n'aurait pas déplu à Rimbaud... Vaut-il mieux vivre ses rêves ou rêver sa vie ?
En effet! C'est bien pensé.

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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Mar 3 Juil 2007 - 8:48

poésie magnifique mais à un certain moment il n'a plus écrit manque d'inspiration
amitié douteuse avec verlaine pourtant verlaine a fait éditer ses poésies après le décès de rimbaud
ce que j'apprécie chez les deux poètes c'est le mépris de la société bien pensante
bises capucine
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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Mar 3 Juil 2007 - 17:45

Plus qu'une amitié, en fait... Les deux poètes étaient très proches et cette relation pour le moins singulière leur aura causé bien du tort.
Je n'en sais pas beaucoup sur les vies tumultueuses de Rimbaud et de Verlaine (mais mon ignorance ne saurait s'éterniser, j'aime tellement ce qu'ils ont écrit et ils me fascinent tant que j'ai bien l'intention d'en apprendre plus à leur sujet!), mais tout comme toi, j'admire ce rejet des idées pré-conçues et cette liberté de pensé qu'ils avaient.

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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Mar 3 Juil 2007 - 19:35

@Capucine a écrit:
Je n'en sais pas beaucoup sur les vies tumultueuses de Rimbaud et de Verlaine (mais mon ignorance ne saurait s'éterniser, j'aime tellement ce qu'ils ont écrit et ils me fascinent tant que j'ai bien l'intention d'en apprendre plus à leur sujet!), mais tout comme toi, j'admire ce rejet des idées pré-conçues et cette liberté de pensé qu'ils avaient.
Va voir ici :
Arthur Rimbaud

:Bisous:

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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Mer 4 Juil 2007 - 1:47

Merci beaucoup pour ce beau site très complet sur Rimbaud et Verlaine... C'est exactement ce qu'il me fallait! Toujours prête à rendre service, ce cher Sandipoete, on dirait! ^^

Bisous à toi Bec

Mais, dites donc, sur la page d'accueil du site, il y a cet extrait d'un poème de Rimbaud :

"Elle est retrouvée ! Quoi ? L'Éternité.
C'est la mer mêlée au soleil"

(Alchimie du Verbe, Une Saison en Enfer)

Après vérification, en effet, ces vers viennent de :

Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Éternité.
C'est la mer mêlée
Au soleil.


Mon âme éternelle,
Observe ton voeu
Malgré la nuit seule
Et le jour en feu.

Donc tu te dégages
Des humains suffrages
Des communs élans
Et voles selon...

- Jamais d'espérance
Pas d'orietur.
Science et patience,
Le supplice est sûr.

Plus de lendemain,
Braises de satin,
Votre ardeur
Est le devoir.

Elle est retrouvée !
- Quoi ? - L'Éternité.
C'est la mer mêlée
Au soleil.

.. Je crois donc ne pas m'être trompée quant à ma signature. Rimbaud a probablement écrit les vers dont Paul a parlé, et ceux-ci également!

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C'est la mer mêlée
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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Mer 4 Juil 2007 - 8:02

j'ai une préfence pour ces deux poètes leur talent est incontestable et leur marginalité n'est pas pour me déplaire
bisous
raymonde
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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Mer 4 Juil 2007 - 9:06

@Capucine a écrit:

.. Je crois donc ne pas m'être trompée quant à ma signature. Rimbaud a probablement écrit les vers dont Paul a parlé, et ceux-ci également!
En fait, vous avez tous les deux raison...
Il y eut deux écrits de sa main que je te livre ici...

Elle est retrouvée.
Quoi? - L'Éternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.

Ame sentinelle,
Murmurons l'aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.

Des humains suffrages,
Des communs élans
Là tu te dégages
Et voles selon.

Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s'exhale
Sans qu'on dise : enfin.

Là pas d'espérance,
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.

Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Éternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.
Mai 1872

- Texte du fac-similé Messein. Avant de partir en Belgique, Rimbaud offrit ce manuscrit à Jean Richepin, qui le prêta à l'éditeur Albert Messein en 1919 pour la publication de ses fac-similés.
- Une autre version est parue dans Une saison en enfer.
- Première publication dans La Vogue n° 7, 7-14 juin 1886 (d'après le manuscrit de Verlaine, avec quelques variantes).

A. RIMBAUD
--------------------------------------
UNE SAISON EN ENFER
DÉLIRES II
ALCHIMIE DU VERBE

A moi. L'histoire d'une de mes folies.
Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles, et trouvais dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie moderne.
J'aimais les peintures idiotes, dessus des portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rhythmes naïfs.
Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n'a pas de relations, républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de meurs, déplacements de races et de continents: je croyais à tous les enchantements.
J'inventai la couleur des voyelles! - A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. - Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rhythmes instinctifs, je me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens. Je réservais la traduction.
Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable, je fixais des vertiges.

____________


Loin des oiseaux, des troupeaux, des villageoises,
Que buvais-je, à genoux dans cette bruyère
Entourée de tendres bois de noisetiers,
Dans un brouillard d'après-midi tiède et vert?

Que pouvais-je boire dans cette jeune Oise,
- Ormeaux sans voix, gazon sans fleurs, ciel couvert!-
Boire à ces gourdes jaunes, loin de ma case
Chérie? Quelque liqueur d'or qui fait suer.

Je faisais une louche enseigne d'auberge,
- Un orage vint chasser le ciel. Au soir
L'eau des bois se perdait sur les sables vierges,
Le vent de Dieu jetais des glaçons aux mares;

Pleurant, je voyais de l'or - et ne pus boire. -

______________


A quatre heures du matin, l'été,
Le sommeil d'amour dure encore.
Sous les bocages s'évapore
L'odeur du soir fêté.

Là-bas, dans leur vaste chantier
Au soleil des Hespérides,
Déjà s'agitent - en bras de chemise -
Les Charpentiers.

Dans leurs Déserts de mousse, tranquilles,
Ils préparent les lambris précieux
Où la ville
Peindra de faux cieux.

Ô, pour ces Ouvriers charmants
Sujets d'un roi de Babylone,
Vénus! quitte un instant les Amants
Dont l'âme est en couronne.

Ô Reine des Bergers,
Porte aux travailleurs l'eau-de-vie,
Que leurs forces soient en paix
En attendant le bain dans la mer à midi.


_______________

La vieillerie poétique avait une bonne part dans mon alchimie du verbe.
Je m'habituai à l'hallucination simple: je voyais très-franchement une mosquée à la place d'une usine, une école de tambours faite par des anges, des calèches sur les routes du ciel, un salon au fond d'un lac; les monstres, les mystères; un titre de vaudeville dressait des épouvantes devant moi!
Puis j'expliquai mes sophismes magiques avec l'hallucination des mots!
Je finis par trouver sacré le désordre de mon esprit. J'étais oisif, en proie à une lourde fièvre: j'enviais la félicité des bêtes, - les chenilles, qui représentent l'innocence des limbes, le sommeil de la virginité!
Mon caractère s'aigrissait. Je disais adieu au monde dans d'espèces de romances:



CHANSON DE LA PLUS HAUTE TOUR.

Qu'il vienne, qu'il vienne,
Le temps dont on s'éprenne.

J'ai tant fait patience
Qu'à jamais j'oublie.
Craintes et souffrances
Aux cieux sont parties.
Et la soif malsaine
Obscurcit mes veines.

Qu'il vienne, qu'il vienne,
Le temps dont on s'éprenne.

Telle la prairie
A l'oubli livrée,
Grandie et fleurie
D'encens et d'ivraies,
Au bourdon farouche
Des sales mouches.

Qu'il vienne, qu'il vienne,
Le temps dont on s'éprenne.

J'aimai le désert, les vergers brûlés, les boutiques fanées, les boissons tiédies. Je me traînais dans les ruelles puantes et, les yeux fermés, je m'offrais au soleil, dieu de feu.
"Général, s'il reste un vieux canon sur tes remparts en ruines, bombarde-nous avec des blocs de terre sèche. Aux glaces des magasins splendides! dans les salons! Fais manger sa poussière à la ville. Oxyde les gargouilles. Emplis les boudoirs de poudre de rubis brûlante... "
Oh! le moucheron enivré à la pissotière de l'auberge, amoureux de la bourrache, et que dissout un rayon!


FAIM

Si j'ai du goût, ce n'est guère
Que pour la terre et les pierres.
Je déjeune toujours d'air,
De roc, de charbon, de fer.

Mes faims, tournez. Paissez, faims,
Le pré des sons.
Attirez le gai venin
Des liserons.

Mangez les cailloux qu'on brise,
Les vieilles pierres d'églises;
Les galets des vieux déluges,
Pains semés dans les vallées grises.

______________


Le loup criait sous les feuilles
En crachant les belles plumes
De son repas de volailles:
Comme lui je me consume.

Les salades, les fruits
N'attendent que la cueillette;
Mais l'araignée de la haie
Ne mange que des violettes.

Que je dorme! Que je bouille
Aux autels de Salomon.
Le bouillon court sur la rouille
Et se mêle au Cédron.

Enfin, ô bonheur, ô raison, j'écartai du ciel l'azur, qui est du noir, et je vécus, étincelle d'or de la lumière nature.
De joie, je prenais une expression bouffonne et égarée au possible:

Elle est retrouvée!
Quoi? L'éternité
C'est la mer mêlée
Au soleil.

Mon âme éternelle,
Observe ton voeu
Malgré la nuit seule
Et le jour en feu.

Donc tu te dégages
Des humains suffrages,
Des communs élans!
Tu votes selon...

- Jamais l'espérance.
Pas d'orietur.
Science et patience,
Le supplice est sûr.

Plus de lendemain,
Braises de satin,
Votre ardeur
Est le devoir.

Elle est retrouvée!
- Quoi? -L'Éternité.
C'est la mer mêlée
Au soleil.

_________________

Je devins un opéra fabuleux: je vis que tous les êtres ont une fatalité de bonheur: l'action n'est pas la vie, mais une façon de gâcher quelque force, un énervement. La morale est la faiblesse de la cervelle.
A chaque être, plusieurs autres vies me semblaient dues. Ce monsieur ne sait ce qu'il fait: il est un ange. Cette famille est une nichée de chiens. Devant plusieurs hommes, je causai tout haut avec un moment d'une de leurs autres vies. - Ainsi, j'ai aimé un porc.
Aucun des sophismes de la folie, - la folie qu'on enferme, - n'a été oublié par moi: je pourrai les redire tous, je tiens le système.
Ma santé fut menacée. La terreur venait. Je tombais dans des sommeils de plusieurs jours, et, levé, je continuais les rêves les plus tristes. J'étais mûr pour le trépas, et par une route de dangers ma faiblesse me menait aux confins du monde et de la Cimmérie, patrie de l'ombre et des tourbillons.
Je dus voyager, distraire les enchantements assemblés sur mon cerveau. Sur la mer, que j'aimais comme si elle eût dû me laver d'une souillure, je voyais se lever la croix consolatrice. J'avais été damné par l'arc-en-ciel. Le Bonheur était ma fatalité, mon remords, mon ver: ma vie serait toujours trop immense pour être dévouée à la force et à la beauté.
Le bonheur! Sa dent, douce à la mort, m'avertissait au chant du coq, -ad matutinum, au Christus venit, - dans les plus sombres villes:


Ô saisons, ô châteaux!
Quelle âme est sans défauts?

J'ai fait la magique étude
Du bonheur, qu'aucun n'élude.

Salut à lui, chaque fois
Que chante le coq gaulois.

Ah! je n'aurai plus d'envie:
Il s'est chargé de ma vie.

Ce charme a pris âme et corps
Et dispersé les efforts.

Ô saisons, ô châteaux!

L'heure de sa fuite, hélas!
Sera l'heure du trépas.

Ô saisons, ô châteaux!

_________________

Cela s'est passé. Je sais aujourd'hui saluer la beauté.

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MessageSujet: Re: Souviens-toi   Sam 3 Déc 2011 - 14:48

Beaucoup de temps a passé, mais il n'est pas trop tard pour un mea culpa ^
J'étais jeune et pensais tout savoir..
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