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Si toi aussi, tu entends souvent ton cœur parler à ta plume, viens déposer tes escarpins dans l'empreinte de nos pas.
Tu pourras alors alimenter cette rivière afin qu'elle devienne un fleuve prolifique de douceurs où tous, nous venons à notre tour, pour y tremper notre plume féconde.
Et cet affluent de pensées innombrables finit sa course magnifique dans un océan de lumières.
J'aime cet idée de partage.
Elle devrait régir le monde sans aucune faille.
Pour que nous regardions tous dans la même direction.
C'est pour cette raison que nous aimons tant la poésie... Et les poètes !...
Gérard SANDIFORT alias Sandipoete



 
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 Lolotte - Jacques Bertrand

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LKazan
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MessageSujet: Lolotte - Jacques Bertrand   Dim 14 Déc 2014 - 14:07

Une chanson populaire du wallon de Charleroi (Jacques Bertrand, 1817-1884) :

Interprété par Julos Beaucarne :





Lolote


Su l' bôrd dè Sambe, èt pièrdu dins l' fuméye,
wèyéz Couyèt avè s' clotchî crawieûs ?
C'est là qu'dèmeûre èm' matante Dorotéye,
veûve dè m' mononke Adriyin du Crosteû.
A s' neuve mézo, nos-avons fét ribote,
lundi passè, tout-in pindant l' crama.
Pou l' preumî coûp, c'èst là qu' dj'é vu Lolote :
rén qu' d'i pinser, sintèz come èm' coeûr bat !
Pou l' preumî coûp, c'èst là qu' dj'é vu Lolote :
rén qu' d'i pinser, sintèz come èm' coeûr bat !


En bord de Sambre, perdu dans la fumée,
Voyez Couillet et son clocher tordu ?
C’est là que demeure ma tante Dorothée,
veuve de mon oncle Adrien du Boîteux.
À sa nouvelle maison nous avons fait la noce ,
lundi passé tout en pendant la crémaillère.
Pour la première fois, c’est là que j’ai vu Lolote :
rien que d’y penser, sentez comme mon cœur bat !
Pour la première fois, c’est là que j’ai vu Lolote :
rien que d’y penser, sentez comme mon cœur bat !

Gn-avèt drolà lès pus guéy du vilâdje ;
en fét d' couméres, on n'avèt qu'a chwèsi.
On a r'cinè à l'ombre du feûyâdje,
dèvant l' mézo, pa d’zous l' gros cèréjî.
Em' bone matante a dè l’ bière en boutèye :
c' n'èst nén l' fârô qu'èst jamés si bon qu' ça !
Dins s' chique, Lolote èstèt si bén vèrmèye
qu' rén d'i pinser, sintèz come èm' coeûr bat !
Dins s' chique, Lolote èstèt si bén vèrmèye
qu' rén d'i pinser, sintèz come èm' coeûr bat !

Il y avait là les plus gais du village ;
en fait de donzelle, on n’avait qu’à choisir.
On a goûté à l’ombre du feuillage,
devant la maison, sous le gros cerisier.
Et ma bonne tante a de la bière en bouteille :
c’est pas le faro qui est jamais si bon que ça !
Dans sa cuite, Lolote avait tant de couleurs,
que rien que d’y penser, sentez comme mon cœur bat !
Dans sa cuite, Lolote avait tant de couleurs,
que rien que d’y penser, sentez comme mon cœur bat !

I d-alèt mieus, lès panses èstant rimplîyes,
Djan l' Blanchisseû tinguèle ès' viyolon
èt dit : " Z-èfants, nos-avons ci dès fîyes
Qui n' dèmand'nut qu'à danser l' rigodon ".
Ah ! qué pléji ! Què Lolote èst contène !
Après l' cadrîye, on boute ène mazurka !
Djè triyanè en prèssant s' mwin dins l' mène…
Rén qu' d'i pinser, sintèz come èm' coeûr bat !
Djè triyanè en prèssant s' mwin dins l' mène…
Rén qu' d'i pinser, sintèz come èm' coeûr bat !

Ça allait mieux, les ventres étaient remplis,
Jean le blanchisseur ajuste son violon
et dit : « Les enfants, nous avons ici des filles
qui ne demandent qu’à danser le rigodon ».
Ah ! quel plaisir ! Que Lolote est contente !
Après le quadrille, on joue une mazurka.
J’ai tremblé en pressant sa main dans le mienne.
Rien que d’y penser, sentez comme mon cœur bat !
J’ai tremblé en pressant sa main dans le mienne.
Rien que d’y penser, sentez comme mon cœur bat !

V'là l' swêr vènu, pou danser chakin s' prèsse.
Èl violoneû raclèt avec ardeûr.
L’ bière èt l'amoûr èm' fèyént toûrner l' tièsse.
Vint noms di ch'nik ! djè nadjè dins l' boneûr…
Més l' pa Lolote, en wèyant qu'èle m'imbrasse,
D'in coûp d' chabot m' fét plondjî dins l' puria !
L' coumére ès' sôve èyèt, mi, djè m' ramasse…
Cièl ! qué coûp d' pîd ! Sintèz come èm' coeûr bat!
L' coumére ès' sôve èyèt, mi, djè m' ramasse…
Cièl ! qué coûp d' pîd ! Sintèz come èm' coeûr bat!

Le soir venu, pour danser chacun se presse.
Le violoniste racle avec ardeur.
La bière et l’amour me font tourner la tête.
Vingt noms d’une chique ! Je nage dans le bonheur...
Mais le père de Lolote en voyant qu’elle m’embrasse,
d’un coup de sabot me fait plonger dans le purin.
La demoiselle se sauve et moi, je me ramasse.
Ciel ! Quel coup de pied ! Sentez comme mon cœur bat !
La demoiselle se sauve et moi, je me ramasse.
Ciel ! Quel coup de pied ! Sentez comme mon cœur bat !

Djè m' souvénré du crama dè m' matante…
Dj' crwè qu' dj'é l' cripèt câssè ou bén dèsmîs ;
Djè prind dès bains à l’ vapeûr d'eau bouyante,
grignant lès dints tous lès coûps què dj' m'achî.
Més quand j' dèvré skèter m' dérène culote,
en m'empwègnant avè s' mame èyèt s' pa,
putôt mori què d' viker sins Lolote.
Rén qu' d'i pinser, sintèz come èm' coeûr bat !
putôt mori què d' viker sins Lolote.
Rén qu' d'i pinser, sintèz come èm' coeûr bat !

Je me souviendrai de la crémaillère de ma tante.
Je crois que j’ai le coccyx cassé ou démis.
Je prends des bains de vapeur d’eau bouillante,
grinçant des dents chaque fois que je m’assois.
Mais si je devais y craquer ma dernière culotte,
en m’empoignant avec sa mère et son père,
plutôt mourir que vivre sans Lolote.
Rien que d’y penser, sentez comme mon cœur bat !
plutôt mourir que vivre sans Lolote.
Rien que d’y penser, sentez comme mon cœur bat !
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