Bistèrles
Dimanche 1er avril 1813.
Le jeune Victor sort de la messe. Il regarde distraitement sa montre. Il est 11h30.
_Holà, gadjo!
Victor s’attarde à contempler les rangées de statues au-dessus du vantail. Ses parents marchent tranquillement vers le Pont-Neuf. Adèle, son amie, les suit sagement.
_Hé, gadjo!
Son regard se lève à présent vers les gargouilles, plus haut, toujours plus haut, il ne prête pas attention à la loqueteuse créature qui s’avance vers lui. Une main difforme se pose sur son épaule. Victor tressaille, se retourne. Il croit rêver. La gargouille est là, devant lui : laid, bossu, édenté, le monstre l’observe de son oeil unique...
Victor recule, effrayé.
_Gadjo, ta tocante...
Il serre sa montre dans son petit poing tremblant. Adèle, terrorisée, a vu la scène et tire en vain la manche de Léopold. Madame
Sophie trébuche et s’arrête pour arranger le pli de sa robe. Soudain, Victor s’élance vers ses parents...
_Ach’t’attrape, ch’te marave et la râcli, j’la bouillave!
Il court le plus vite possible, ses chaussures vernies glissent sur le pavé, derrière lui, les pas se rapprochent... Victor tombe. Sa tête heurte le granit froid, juste à l’angle du caniveau.
Lorsque ses parents arrivent, pour cueillir son dernier souffle, sur le parvis, une ombre grise s’évanouit.
Rachid Tenerrey
C'est bien de moi, mais c'est un anagramme. Ce texte a été édité quelque part dans un livre mais je ne me souviens plus où.
Quant à Victor, là, un indice dans le texte permet de l'identifier, mais rassurez-vous, ceci n'est jamais arrivé car si c'était le cas, il n'aurait jamais pu créer le personnage mentionné ci-dessus. Mais s'il a pu lui donner la vie... on peut comprendre que celui-ci ait eu le désir de se venger de son créateur, mais il ne l'a pas fait...
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ô ô
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